Bibliothèque, Internet et… politique ?

Peut-être avez-vous remarqué cette note dans une colonne de bibliobsession 2.0 :
« Contre Hadopi !
black-out de mon blog contre HADOPI : une loi absurde, inapplicable et dangereuse qui met en péril le web français, l’innovation, et les libertés fondamentales »

Plutôt engagé, et tranchant radicalement avec le ton habituellement bon enfant du site. Mais pouvait-il en être autrement ?

La loi HADOPI intéresse suffisamment les bibliothécaires pour que l’IABD propose l’ajout d’un amendement au projet de loi. Auparavant, l’association avait déjà manifesté son opposition au projet d’extension de la durée des droits voisins de 50 à 95 ans.

Voire une profession sortir de sa réserve pour donner son opinion sur une actualité politique n’a certes rien de nouveau. C’est un mécanisme nécessaire au fonctionnement de la démocratie, intervenant lorsque les décisions prises à haut niveau ont un impact sur le travail des professionnels, fréquemment dans le cas précis où la réalité du travail concerné ne s’accorde pas avec la vision qu’en ont les élites.

La nouveauté vient bien de la composante Internet. Les blogs, en qualité de moyen d’expression à titre personnel, sont désormais un outil privilégié pour exprimer un accord ou un désaccord. Mais cela ne s’arrête pas là : le net est devenu un outil indispensable au travail du bibliothécaire, et les lois qu’il juge nuisibles à l’utilisation de cet outil deviennent du même coup des menaces à mettre hors d’état de nuire. Dernièrement, c’est donc le projet de loi création et Internet qui a rencontré l’opposition des biblioblogueurs (1, 2, 3, 4, 5).

Les bibliothécaires, en qualité de gestionnaires de l’information, et désormais également fournisseurs d’information traitée de façon personnelle (via les outils 2.0), sont destinés à utiliser le net de façon de plus en plus « fusionnelle » – au point (peut-être) de devenir leur espace de travail principal. Mais cet espace se trouve également convoité par la classe politique, dans le cadre de la communication, de la législation mais également d’une connaissance de l’information y circulant. Il est donc très probable que le net soit, dans un avenir proche (ou peut-être est-ce déjà le cas ?), le terrain où les univers de la politique et des bibliothèques entreront en collision, avec les conséquences que cela implique au niveau de la pratique professionnelle des concernés.

Tutoriel : Comment créer un blog en bibliothèque ?

Ce tutoriel téléchargeable ici au format powerpoint a été réalisé par Thomas Chaimbault (merci au blog  Fibe « S »), et comprend les chapitres suivants :

1 Qu’est ce qu’un blog?

-définitions
-typologie
-objectifs et limites

2 Créer son blog

3 Utilisation des blogs en bibliothèque

Bibliosignes, le regard des sourds sur les bibliothèques

Le 14 mai dernier, Bibliobsession se fait le relais d’un nouveau blog : BiblioSignes , dont l’ambition est, entre autres, de recenser les bibliothèques avec accueil public sourd en LSF (langage français des signes), et souhaite faciliter le partage des actualités et des programmes culturels des bibliothèques de France accessibles au public sourd.
Ainsi les sourds ne devraient plus considérer les bibliothèques comme des lieux inaccessibles pour eux, mais au contraire comme des espaces modernes et permettant l’échange, accessibles à tous.

Qu’est ce qu’une application de catalogage social ?

J’utilise ici le terme « wikipédia » pour mettre un nom sur ces sites que certains connaissent déjà

Je parle de Librarything, Babelio, pour les plus connus (ceux que j’ai testés en tous cas) mais aussi Libfy, Booksiread, lib.ario.us, ulike.net ou même l’Agora des livres.

Ce sont des sites qui permettent de partager en ligne des catalogues, dans une optique très  2.0. Chaque internaute catalogue et partage sa bibliothèque avec des possibilités d’interagir entre les différents « fonds ».  Les descriptions bibliographiques et métadonnées s’enrichissent d’elle-même par le procédé communautaire.

On peut trouver des sites similaire pour la musique : Discog, Last.fm ; pour les films : flixster, ulike.net.

Chacun de ces sites mets à disposition un forum ou l’on peut voir des petits groupes de bibliothécaires  discutés sur l’usage d’un tel site. Beaucoup sont prudent  et se contente de mettre en ligne leur bibliothèque personnelle, tout en surveillant constamment l’utilisation que font les lecteurs de ces sites.

Lifby a particulièrement retenu mon attention, il possède de nombreuses similitudes avec les bibliothèques physiques. Dés la page d’accueil l’internaute est attiré par un onglet : « j’emprunte un livre », celui-ci permet d’accéder à une pléiade de moyen pour trouver le document choisis, notamment des liens vers les bibliothèques, les librairies les plus proches possédant ce livre, mais aussi la mention d’amis ou des personnes proches géographiquement pouvant vous prêter le livre.

Des Bibliothèques Numériques.

Depuis le 21 avril 2009 est opérationnelle la bibliothèque numérique mondiale, avec ce nouvel acteur qui apparait sur la scène de la numérisation c’est l’occasion de faire un récapitulatif des « grands » acteurs en présence en matière de numérisation. Voici un état des lieux des forces en présences

  • La Bibliothèque numérique mondiale

Quoi ? : C’est une bibliothèque numérique mondiale lancé par l’Unesco et la bibliothèque du congrès américain, opérationnelle depuis le 21 avril 2009, elle met à disposition sur Internet, gratuitement et en plusieurs langues, une documentation considérable en provenance des pays et des cultures du monde entier.

Qui ? : Principalement L’Unesco, la bibliothèque du congrès américain mais aussi la bibliothèque nationale de/du Brésil, Russie, France, Israël, Chine, Egypte ; la fondation du Qatar, la bibliothèque royale de Suède et peut être d’autres que j’oublie…

Combien ? : 1300 documents, seulement me diriez vous. Mais je cite :

« La Bibliothèque numérique mondiale représente un changement par rapport aux projets de bibliothèques numériques puisqu’au lieu de se concentrer sur la quantité dans son propre intérêt, elle met l’accent sur la qualité ; la quantité demeure une priorité, mais pas au détriment des normes de qualité établies au cours de la phase de démarrage. »

Et quelle norme !!! la qualité, l’ergonomie et la prise en main est impressionnante. (sans parler du nombre de langue)

Comment ? :

« Promouvoir l’entente internationale et interculturelle ; Développer le volume et la diversité des contenus culturels sur Internet ; Fournir des ressources pour les éducateurs, les chercheurs et le grand public ; Donner les moyens aux établissements partenaires de réduire les fractures numériques au sein des pays et entre pays. » Tel sont les objectifs de la bib numérique mondiale et au vu de la diversité et du choix des documents, leurs ambition sont à la hauteur du rendu.

A tester absolument: http://www.wdl.org/fr/

  • Google Books

Quoi ? : Google Books est un service en ligne permettant d’accéder à des livres numérisés. Attention ce n’est pas exactement une bibliothèque…

Qui ? : Google, est-il nécessaire de le présenter… de nombreuses universités américaines mais aussi la bibliothèque municipale de Lyon. Cet accord à alimenter de nombreuses polémiques qui méritent d’être détaillé dans un autre article. Depuis quelques temps on a vu quelques maisons d’édition faire un partenariat avec Google. Je vous renvoie à cet article très détaillé et encore récent de Michel Valensi dans « les cahiers du syndicat de la librairie française ».

http://www.lyber-eclat.net/google.html

Combien ? : 7 millions de livres en novembre 2008. Le format d’affichage est semblable au PDF avec une possibilité d’afficher une ou deux pages sur l’écran.

Comment ? : A savoir nombres de livres ne sont que partiellement numérisé (voir pas du tout pour certains), il existe un projet bibliothèque (module à part dans Google books). Sinon cela fonctionne à peu de chose prés comme Google. CQFD.

http://books.google.fr/

  • Europeana

Quoi ? : Europeana est une bibliothèque numérique européenne lancée en novembre 2008 par la Commission européenne. Mis en ligne le 20 novembre 2008(date qui à changer à cause de nombreuses phase de test). Accessible en 21 langues, elle reprend une partie des fonds numérisé de la BNF.

Qui ? : Bibliothèque Nationales des 25 états membres. Europeana est assez proche de Gallica, mais bénéficie d’une interface graphique plus moderne et d’une indexation plein texte plus évoluée.

Combien ? : 2 millions d’ouvrage, l’objectif est de dépasser les 10 millions d’ouvrage pour 2010.

Comment ? : Préserver le patrimoine Européens

Articles et documents de la République des Lettres relatifs à Bibliothèque Numérique Européenne / Europeana :

http://www.republique-des-lettres.fr/bibliotheque-numerique-europeenne.php

  • Gallica (maintenant Gallica 2) :

Quoi ?/ Qui ? : Gallica est la bibliothèque numérique de la Bibliothèque Nationale de France

Combien ? : 7 0 000 monographies imprimées, jonglement entre le mode image et le mode texte, en effet tout les documents ne sont pas OCRisé ;

Comment ? : Indissociable de la BNF. Gallica est déjà une vieille bibliothèque numérique, ell se définit comme le portail d’accès aux collections numériques françaises. C’est notre bibliothèque numérique de France.

http://gallica.bnf.fr/

Catalogues de bibliothèque et utilité du web 2.0

Un rapport d’OCLC datant d’avril 2009 revient sur la définition de la qualité du plus grand catalogue au monde  » Worldcat ». Il en ressort de cette enquête de satisfaction que les usages du Web 2.0 obligent à repenser les objectifs et les modes de fonctionnement des catalogues de bibliothèque. Les utilisateurs réclament un contenu des notices plus riche et veulent disposer de davantage de liens directement reliés à la ressource du document en question.


En voici un extrait:


Les résultats : ce que veulent les usagers

Pour l’usager, l’accès à la ressource (delivery) est aussi important, voire plus important que le fait d’être à même de la trouver (discovery). Donc ce qui compte c’est

* de disposer de notices enrichies (résumés, tables des matières, etc. mais aussi des critiques, des notes…) surtout pour permettre d’évaluer si ce qu’on a trouvé correspond à ses besoins ;
* le classement de résultats par pertinence doit être efficace et évident (on doit comprendre immédiatement pourquoi tel résultat sort en premier)
* il faut faciliter par des liens directs le passage de la « trouvaille » (notice) à l’accès à la ressource (document).


Pour en savoir plus: http://www.figoblog.org/node/1957

Etats d’âmes de bibliothécaires

Apparemment les bibliothécaires ont des états d’âmes : de nombreux blogs personnels font le point sur la profession, non sans un certain cynisme désabusé sous lequel pointe volontiers l’humour, cela tant dans les blogs français (Nombril de Bellebeille, Blogfibes, B&C…), que chez nos amis Québécois (Le bibliothécaire errant) ou anglo-saxons (The Laughing Librarian, qui tranche un peu avec le ton conquérant des collègues d’outre-atlantique). Bref comme disais j’ai oublié qui : « Les gens qui ne rient pas ne sont pas sérieux… »

L’humour donc n’empêche pas de se poser des questions sérieuses et profondes sur l’exercice du métier comme ici, ou de s’interroger sur l’évolution du métier .

Nous terminerons sur quelques aphorismes de Brian Smith, le très zen animateur du blog « Laughing Librarian » (traduit par B&C) :

Le bibliothécaire zen remarqua : « Travailler à la bibliothèque sans s’attacher aux livres ni aux mots qu’ils contiennent, telle est la juste voie».

Alors qu’il remplissait une notice unimarc, le bibliothécaire zen remarqua : « Ca existe. Ca n’existe pas ».

Le bibliothécaire zen cherchait rien sur Google, il obtint 27,987,384 réponses.